Les nuages qui s'accumulent depuis des mois sur l'économie espagnole semblaient rendre inévitable cette dépréciation.
"Les conditions économiques et financières actuelles ont mis en lumière la faiblesse structurelle de l'économie espagnole", commente S & P, pour qui "la réponse politique pourrait se révéler insuffisante" face aux difficultés à venir.
Le ministre espagnol de l'économie, Pedro Solbes, a minimisé cette rétrogradation de la note maximale "AAA" à "AA +" : "C'est comme passer d'excellent à très bien", a-t-il déclaré, estimant que "la situation de l'Espagne reste assez confortable". Il est vrai que S & P n'a pas révisé sa note concernant la dette à court terme de l'Espagne. L'agence considère que le pays dispose d'une marge de manoeuvre fiscale supérieure à celle de ses voisins en raison des excédents budgétaires accumulés ces dernières années. C'est pour cette même raison que l'agence de notation concurrente Fitch a décidé, elle, de maintenir inchangée son évaluation globale ("AAA").
SAUVEGARDE DE L'EMPLOI
Tous les analystes conviennent cependant que "les finances publiques vont souffrir" face aux très mauvaises perspectives. Selon les prévisions de la Commission européenne publiées lundi, l'Espagne connaîtra une récession de 2 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2009, et surtout elle ne retrouvera pas la croissance en 2010 (-0,2 %) contrairement à beaucoup d'autres pays européens.
Bruxelles s'attend à un déficit de 6,2 % cette année, une estimation plus pessimiste que celle du gouvernement espagnol, lequel mise sur un déficit public de 5,8 %, une contraction du PIB de 1,6 % et une dette publique relativement contenue puisqu'elle passera de 47 % en 2009 à 54 % en 2011.
"Nous avons utilisé toute la marge de dépense publique dont nous disposions", a avoué M. Solbes, dimanche, dans un entretien au quotidien El Pais. Une bonne partie du plan de relance espagnol est destinée à juguler le chômage. Un million d'emplois ont été détruits en 2008, 715 000 autres devraient encore disparaître cette année.
Tombé à moins de 8 % en 2007, le taux de chômage pourrait atteindre 15,9 % à la fin de l'année, selon les projections gouvernementales. Et la Commission européenne prévoit déjà un taux de 18,7 % en 2010.
Le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a rappelé, lundi, que la sauvegarde de l'emploi est sa "principale priorité". Les Espagnols, qui sont une majorité à reprocher au gouvernement socialiste d'avoir réagi avec retard, pourraient se charger de le lui rappeler.
Plusieurs manifestations violentes ont eu lieu en Catalogne à la fin de l'année contre des mesures de licenciements dans l'automobile. Dimanche 17 janvier, une manifestation pour l'emploi a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Saragosse à l'appel des syndicats ouvriers UGT et CCOO. Ce phénomène ne s'était pas produit depuis très longtemps dans un pays qui, fin 2007, se berçait encore des promesses électorales de plein emploi.
No hay comentarios:
Publicar un comentario